Les crématistes

Fédération française de crémation

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La FFC pour le congrès 2021 de la Libre Pensée à Voiron

31 août 2021

Et si nous parlions un peu de liberté ? S’il est une valeur où nous nous rejoignons pleinement, Libre Pensée et Fédération Française de Crémation, c’est bien celle-là. Tous les philosophes depuis la plus haute antiquité se sont émoussés le stylet ou la plume sur cette notion de pouvoir faire ce qu’on veut sans contrainte. Or, nous le savons tous, cette liberté là n’existe pas. L’homme, animal grégaire puisqu’il vit en société, devrait appliquer comme règle première : « la liberté des uns s’arrête ou commence celle des autres ». Cette assertion est la substance même de l’article 29/2 de la déclaration des droits de l’homme : « Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui (…)  » Tout au long de l’histoire, les philosophes précités se sont ingéniés à corseter nos sociétés dans des cadres dogmatiques qui servaient toujours la classe au pouvoir.

Nos combats respectifs, abolition des postulats philosophiques ou idéologiques, nous entraînent toujours, nous, FFC, à vouloir gagner des libertés pour tous, comme le droit à disposer de son corps post mortem, loi de1887 qui a permis la crémation, avec un appui franc et décisif des libres penseurs et des francs-maçons en nombre alors à la Chambre des députés : chacun a pu depuis, déterminer librement les conditions de ses funérailles, notamment en ce qui concerne le caractère civil ou religieux à leur donner et le mode de sa sépulture. » Ce qui nous semble une évidence aujourd’hui ! Pourtant…

Malgré cette loi fondamentale, la crémation est restée longtemps dans la confidentialité, tout au moins dans les pays de religion catholique. À cette loi laïque, le Saint-Office réagit en dénonçant les promoteurs de la crémation comme « des hommes de foi douteuse ou liés à la secte maçonnique qui travaille activement à rétablir l’usage païen de brûler les cadavres humains » pour enfin admettre, en 1963, « que l’incinération du corps n’affecte pas l’âme… ». Ouf ! On l’avait échappé belle ! C’est grâce à un mouvement crématiste fort et à ses nombreuses associations de l’époque que les esprits et les mœurs se sont mis à changer lentement.

Aujourd’hui, à peine acquises, ces libertés sont maintenant à défendre et même à reconquérir face aux retour des intégrismes imbéciles et aux marchands de morts bien plus intéressés par notre compte en banque que par la prise en charge attentionnée des familles dans la peine.

La perpétuation de nos libertés est conditionnée par une vigilance permanente et sans faille. Sans cette vigilance, les fous de dieux, comme les boutiquiers, auront tôt fait de rogner notre besoin d’être libres et associés, dans cette épreuve digne de Sisyphe.

Cent fois sur le métier…